Des Media
La presse est en pleine crise et Agoravox aussi qui appelle à l’aide. Mêmes causes, mêmes effets. Le marché de la publicité s’effondre et comme il y a longtemps que la presse ne vit plus de ses ventes, la sanction est immédiate.
Et tout d’abord, qu’est-ce qu’Agoravox ? Pourquoi aider la fondation Agoravox ?
Ce site se présente lui-même comme “le seul média d’information généraliste sur Internet qui soit 100% participatif, 100% citoyen” – affirmation bien péremptoire – tout en avouant “Le modèle publicitaire ne permet plus d’assurer la survie du média”. Toute la question est là.
Ou plutôt, les questions :
Comment peut-on affirmer que “l’information ne doit pas dépendre de sociétés d’investissement ou d’industries” et dépendre de la publicité ? Qui donc fait cette publicité ? Ne dit-on pas “qui paie commande“ ? Est-on un média citoyen dans ces conditions ?
“AgoraVox permet de vous exprimer et de vous faire écouter”. Oui, mais par qui ? Si on cherche qui détient le nom de domaine agoravox.fr, on trouve le nom de Carlo Revelli et de la société Cybion. Selon Wikipédia, Carlo Revelli est le PDG de la société Cybion qu’il a créé avec Joël de Rosnay. Cette société s’affirme “une des cinq premières sociétés françaises en intelligence économique”, “Quotidiennement, nous analysons des dizaines de milliers de sources formelles et informelles (sites, commentaires blogs, forums, réseaux sociaux) qui nous permettent d’appréhender précisément votre environnement et de répondre à vos attentes de façon adaptée : analyse concurrentielle, observation des opinions, identification des leaders, et, enfin, traitement des risques de crise.
Ainsi donc, les deux fondateurs d’Agoravox sont aussi fondateurs d’une société dont les activités sont étroitement liées à l’espionnage sur Internet et à la manipulation de masse. Agoravox est-il donc au service de ses rédacteurs et de ses visiteurs ? Ne serait-ce pas plutôt un instrument d’analyse et de contrôle de l’opinion ? D’après Cybion, “Avec Internet, le concept d’anarchie est de retour”, curieuse affirmation pour quelqu’un qui prétend défendre un média citoyen, moins curieux, pour une société qui veut “vous aider à anticiper les crises - sociales, technologiques, concurrentielles - auxquelles vous serez confronté“… pour qu’elle ne finissent pas dans la rue » (*). Mieux, une certaine « LUCIE traque la contrefaçon sur Internet » : Cybion/Agoravox, juge et partie donc.
Agoravox n’est-il pas en effet une énorme contrefaçon ? La contrefaçon d’un véritable média citoyen ? Agoravox, avec sa formidable masse d’articles et de commentaires, n’est-il pas plutôt une base d’étude d’opinion qui alimente le fond de commerce de Cybion ? Alors, est-il éthiquement honnête de faire financer ce site si fructueux par des dons sous prétexte “de solidarité et de coopération pour en préserver l’indépendance”. On peut se demander si les généreux donateurs savent à quoi leur argent est vraiment destiné.
Edrobal - E.J. - V.D. - S.L.