ACCENT
ACCENT est née à Cluny en 1992, sous le nom, à l'origine, Association Cluny pour la Création d'Emplois Nouvelles Technologies..
Tiré de In Libro Veritas :
ACCENT
ACCENT (Association Cluny pour la Communication et la Création d’Evénements Nouvelles Technologies)
ACCENT s’est créée de fait en 1991 et a été déclarée officiellement à la Préfecture de Saône-et-Loire en avril 93, autour d’un but d’étude et de valorisation des Nouvelles Technologies de l’époque (Internet appliqué à la création d’emplois, au développement du tourisme, au développement de l’activité économique…).
En 1995, l’Association comptait plus de 60 membres. Les articles de presse de l’époque témoignent de la pertinence et de l’avance de ses vues. Ses premières présentations de l’Internet, ses premières démonstrations de visioconférences se sont faites dés sa création, à Donzy-le-National, Salornay-sur-Guye, Mazille, Bergesserin, Cluny, Charnay…).
Pour bien comprendre l’avance technologique et pratique dont ACCENT disposait, il suffit de rappeler par exemple, que l’Association portait un projet d’acquisition de noms de domaine en 1993 déjà, époque bénie ou l’on pouvait se servir sur le principe du « first in first fit ». A titre de comparaison, la SNCF n’a enregistré son propre nom de domaine sncf.fr qu’en septembre 97 seulement !
A propos des droits relatifs aux noms de domaines, et pour comprendre l’ampleur de l’opportunité manquée de peu en 92 par ACCENT, on lira WIKIPEDIA :
http://en.wikipedia.org/wiki/Public_domain#No_legal_restriction_on_use
“People may buy and sell domain names. Sometimes, people advertise them as their own "intellectual property". In early 2000, the record-breaker domain name "business.com" was sold for $8 million (this was resold in July 2007 for $350 million).
A domain name never enters public domain. If nobody owns it, it simply doesn't exist. Top level domains, such as .com, are controlled by the ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). A domain name is sometimes described as a lease, but this has only a shred of truth in it. In fact it is much closer to a trademark. While a leaseholder of, say, real estate cannot be ejected from the property by anybody (except the government, in rare cases), domain names are subject to cybersquatting suits and trademark suits.”
Peut-on imaginer ce que serait la situation actuelle d’ACCENT si 3000 noms avaient été achetés par l’association en 93 ? Peut-on imaginer quelle serait la position de la Bourgogne, de ses vins, de ses chambres d’hôtes…sur la toile si le plan proposé par ACCENT avait reçu le moindre écho favorable en 93, époque bénie où les places dominantes étaient à prendre, en tant qu’acteur, pas comme consommateur ?
Désormais, le retard de notre Région n’est guère susceptible d’être rattrapé, et seules quelques initiatives privées, intelligentes, pourront encore masquer les dégâts. Elles permettront à quelques privilégiés de tirer quelques marrons du feu. Pour le reste, l’Internet ne servira plus qu’à faire jouer, faire acheter, faire passivement regarder et écouter, se faire enrôler / embrigader dans les gigantesques armées de gogos à qui l’on vend des sonnettes, des hochets, du viagra, des pacotilles en tout genre, du texto, du spam, du Pod, des tam-tam, du Q et de la réclame… indispensables arguments de la liberté comme dit la publicité, signes féroces de la puissance de l’Empire Américain vu d’un autre côté…
Vous trouverez ici, bientôt développée, l'histoire d'ACCENT en 20 ans d'existence.
Pour l'heure, notons l'enregistrement officiel de la modification du nom de l'Association en 2007 :
Association : ACCENT : ASSOCIATION POUR LA COMMUNICATION, LA CREATION D'EVENEMENTS ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES.
No de parution : 20070020
Département (Région) : Saône-et-Loire (Bourgogne)
Lieu parution : Déclaration à la préfecture de Saône-et-Loire.
Type d'annonce : ASSOCIATION/MODIFICATION
Déclaration à la préfecture de Saône-et-Loire. Ancien titre : ACCENT (ASSOCIATION CLUNY POUR LA CREATION D’EMPLOIS NOUVELLES TECHNOLOGIES).Nouveau titre : ACCENT : ASSOCIATION POUR LA COMMUNICATION, LA CREATION D’EVENEMENTS ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES...
Voyage Russie / Mai 206
www.part-B.land : un think tank "Off - Grid"
C'est déjà ce que disait ACCENT en 1997 ..
Et pourtant, en 1995, le réseau RENATER, qui desservait l’ENSAM à Cluny, ainsi que les tuyaux déjà en place sur nos autoroutes et nos lignes SNCF auraient pu offrir des accès haut débit à l’Internet pour les entreprises du coin et les particuliers, sans grande difficultés techniques. Et pourtant, en 1995, nous avions une belle partie à jouer, nous inspirant des « electronic cottages » ou du modèle, plus proche de nous, de Taizé. Et pourtant, en 1995, nous étions les premiers à maîtriser parfaitement la technologie, à penser en terme d’Internet utile, d’applications au service de notre Région.
Quarante personnes de l’association étaient connectés à l’Atelier de la Compagnie Bancaire, puisaient à la source du Gourou Jean-Michel Billaut (du sérieux s’il en était…), utilisaient entre eux le courrier électronique et l’échange de fichiers. Les membres d’ACCENT se comptaient jusque dans l’entourage des héritiers de Marshall Mc Luhan (Choptiany) ou dans les milieux universitaires américains (Tolbert), ou parmi les membres de l’Observatoire belge pour les Nouvelles Technologies (CercleErathostène rue de la Loi à Bruxelles)
« Voyages sur Internet… », « Pour tout dire, sur les circuits électroniques américains circulent…les dessins de Michel Bouillot », c’était sous la plume de Monique Pierlot, en 95.
« Internet ? Branchez-vous ! », « Internet, une formidable opportunité pour la Bourgogne », c’était sous la plume d’Annie Bellasi, en 95 aussi.
« L’Association organisera les premières Universités des Nouvelles Technologies et de l’Internet en Bourgogne », c’était sous la plume d’Isabelle Nuguet, en 96.
Et encore : « démonstration de visioconférence mondiale… parmi les personnalités présentes à Salornay ce 7 septembre, citons M Fonteray, maire de Salornay, M J Lapalus, maire de Donzy-le-National, M J-M Frizot, maire de Saint-André le désert, le père Robert Pléty, en charge de la communication du diocèse, le docteur Raymondon, Président de Vietnamitié, M Vitali, représentant la Chambre de Commerce »…
Bien ! Mais nos hauts politiques et nos éminences locales n’ont en général rien vu ni rien compris. « Phénomène de mode » disait l’un, « ridicule, péremptoire, dangereux, à faire disparaître » disait un autre… Les plus hauts et les plus malins se contentant de rester muets comme des carpes et de s’en laver les mains.
A l’époque, ACCENT tentait d’avertir les politiques et les éminences locales et leur montrait le risque de se tromper deux fois au moins. En pure perte. La première erreur, vers 92-93, fût de ne pas croire au phénomène Internet. La deuxième erreur, vers 96-97, Internet déferlant, impossible à endiguer, fût de ne rien comprendre aux cadres d’emploi utiles et d’assister, impuissant, au développement d’un Internet prédateur faute de n’avoir pas su faire un Internet serviteur.
Dans « Being digital », au début des années 90, Nicholas Negroponte, le célèbre président de « One Laptop per Child non-profit association » (sic) et du MIT voulait mettre sur pied une « world wide task force » de 500 000 jeunes américains pour aller évangéliser le monde et convertir les barbares que nous sommes aux bienfaits des nouvelles technologies.
Finalement, la conquête, parfaitement réussie, s’est opérée à moindre frais et plus rapidement que prévu. La France, où ce qu’il en reste, comme les autres pays, les entreprises, les administrations, le gras et prospère Parlement Européen y compris… Tous désormais dépendent et sont étroitement attachés à l’instrument technologique de domination mis en place par nos amis.
Les organismes d’attribution des noms restent américains, les navigateurs, à quelques exceptions prêt, sont tous américains, « Voilà », le moteur de recherche français ne pèse rien en face de Google (le mot « wine » donne moins de 500 000 résultats dans « Voilà », 170 millions dans Google. L’expérience montre de façon assez logique que les Français ont indexé le Net 400 fois moins que les américains… La manipulation, finement observée, montre bien d’autres choses !).
L’histoire des technologies de l’information, parallèle à l’histoire de la puissance comparée des nations, se résume brutalement comme suit :
Année 50 : arrivée massive des computeurs américains en Europe, dans les valises des vainqueurs. Le mot « ordinateur » n’existe pas encore. Sperry Univac (Universal Automatic Computer), IBM, Honeywell, NCR, Control Data, Burroughs… tous américains, représentent 95% du marché du traitement de l’information. Les grands computeurs pèsent 30 tonnes et incluent 60 000 tubes.
Année 60 : confirmation de l’hégémonie des Américains partout dans le monde en matière d’informatique. 32 K de mémoire (des K mots cependant, de 36 bits) se vendent 4 millions de Francs sur un grand système Univac, presque un million d’Euros de nos jours… Les logiciels OS (Operating System) se louent jusqu’à des dizaines de milliers d’Euros par mois. Ils sont tous américains. L’électronique s’impose et l’argent remonte massivement aux Etats-Unis. A la fin des années 60, une initiative a mettre au crédit de Charles de Gaulle : le Plan Calcul français et la création d’UNIDATA l’Européen. Sans suite significative.
Année 70 : Développement des grands réseaux de communication pour les entreprises. Ce qu’on appelle aujourd’hui « courrier électronique » est déjà en place chez les constructeurs eux-mêmes, dans les banques et les compagnies aériennes, dans les organismes liés à la défense (Centre d’Analyse Défense, Centre de Calcul Scientifique de l’Armement, SHAPE, NATO…). Le réseau SITA dispose de plusieurs milliers de terminaux connectés, idem pour le réseau SWIFT des banques ou le réseau d’Air France. Mais la loi de Moore commence à faire sentir ses effets : la puissance informatique double et le prix est divisé par deux, tous les ans…
Année 80 : A la foire de Hanovre, des jeunes filles en minijupes, baskets, lollypop au bec, et des jeunes hommes en bloudjine et cheveux longs, agglutinés autour d’un écran qui fait « coucou, bonjour mon ami Ted », sur le stand de Steeve Job ou d’Olivetti, font la nique aux ingénieurs commerciaux cravatés et vêtus de noir qu’on voit sur les stands d’IBM ou de SPERRY. Les « micros » bousculent le paysage aristocratique des « Main Frames », les prix continuent de baisser, la puissance d’augmenter… En même temps que le nombre de clients d’ailleurs, ce qui globalement condamne le statut des « commerciaux grands systèmes », mais pas celui des investisseurs américains, qui continuent à encaisser massivement.
Qui se rappelle encore du nom des ordinateurs français ?
Les premiers BBS et l’Internet apparaissent à la fin des années 80. En 83, le minitel à Vélizy. France Télécomique se contente d’engranger sur les amateurs de Q, sans voir plus loin que le bout de son nez, et couvre la France d’une chape de plomb.
Années 90 : Arrivée d’Internet. La France ne comprend rien, la SNCF, la Bourgogne et la Saône-et-Loire non plus, comme il est dit supra.
Juin 2007 : La CCI de Saône-et-Loire fait paraître un article d’une bonne demie page dans un journal local de la Place et annonce fièrement : « les commerçants de Mâcon bientôt sur Internet »
C’est déjà ce que disait ACCENT en 97.